Mardi 24 novembre 2009
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Les plantes sont des êtres exquis. Tirant leur subsistance de l'air et de l'eau (avec un peu de sels pour le goût), leurs déchets sont notre oxygène... Enfin pas toutes. Nous connaissons tous
l'existence de
plantes féroces prédatrices qui ont développés au fil du temps tout un pannel d'armes pour boulotter principalement
des arthropodes, mais parfois aussi de petits vertébrés. Pas de quoi rougir donc. Sauf que certaines ont un C.V. vachement moins classe.
Un
excellent blog parlait récemment de plantes joliment qualifiées de "
pots de chambres", à savoir des
Nepenthes dont la forme s'avère avoir la forme
parfaite pour recueillir les fèces de petis oiseaux ou mammifères. L'urée ou les phosphates contenus dans ces "apports" sont absorbés par la plante, lui permettant d'obtenir le qualificatif peu
vendeur de "coprophages". Naïf, l'auteur conclut sur une note qui laisse penser que le fond du fond est atteint...
Conclure là dessus serait ne pas connaitre le genre
Roridula. Ces plantes sud-africaines ont un aspect assez engageant de loin, comme les
Drosera on les dirait nimbées d'une rosée
éternelle...
bon, là elles sont un peu faméliques, vous trouverez de plus jolies photos sur google
La ressemblance avec la célèbre prédatrice des tourbière suggère un mode de vie identique : piéger des insectes par des poils visqueux pour mieux en absorber la substantifique moëlle... Et de fait,
si on regarde de près, plein d'insectes meurent collés. Sauf que la pauvre bête est quasi incapable de les digérer.
C'est là qu'intervient un second acteur : un insecte symbionte de la plante, une punaise nomée
Pameridea. Cette brave bête a la chitine toute graisseuse et de grandes pattes, ce qui lui
permet de se ballader sur
Roridula à loisir sans rester coincée. Elle est en outre équipée d'un rostre et de tout un tas d'enzymes digestives. Et d'un
anus. Cet équipement
(
standart chez les punaises) lui permet de manger tout les insectes piégés par la plante et de déféquer partout (
les punaises n'ont que de vagues notions d'hygiène). Ne reste plus
à la plante qu'à absorber par les feuilles l'azote du caca de punaise.
à la graille, c'est servi
Déjà, servir de pot de chambre pour des petits mammifères ou les oiseaux c'est pas top. Mais obtenir ses aliments en se faisant
recouvrir de crottes par des punaises à la peau grasse, là
franchement...
pour ceux qui veulent aller plus loin et rajouter des araignées à l'interaction, je suggère la lecture de :
Anderson B and Midgley JJ. 2002. It takes two to tango but three is a tangle: mutualists and cheaters on the carnivorous plant
Roridula.
Oecologia 132:
369-373.